Fédération Départementale de Pêche 37

La flore

La flore aquatique et des zones humides est très diversifiée au sein des milieux naturels. Elle est source de nourriture, d’habitats et de zones de reproduction notamment pour les espèces piscicoles. Malheureusement, les espèces envahissantes se développent aussi assez bien en milieu naturel. La Jussie est l'espèce la plus connue et la plus abondante sur les grands cours d'eau d'Indre-et-Loire.

Plantes exotiques envahissantes

La prolifération des espèces exotiques envahissantes est une des premières causes de la perte de biodiversité. Une espèce exotique est une espèce présente en dehors de son aire de répartition naturelle. Une espèce exotique est envahissante lorsqu’elle prolifère et produit des changements significatifs sur les écosystèmes.

En France, on compte 4640 espèces végétales. Environ 10 % sont des espèces naturalisées (exotiques ayant un caractère plus ou moins envahissant). Ces espèces proviennent d’introductions volontaires (à des fins ornementales) ou involontaires (transportées par les voies de communication).

Plusieurs conséquences sont liées à la présence de plantes exotiques envahissantes :

  • une baisse de la biodiversité végétale (car plus compétitives que les plantes indigènes)
  • elles peuvent avoir des conséquences sur la faune (quelques exemples existent pour les oiseaux ou poissons)
  • elles peuvent perturber certaines activités (pêche, loisir nautique...)
  • certaines espèces engendrent des problèmes de santé publique (pour l’Ambroisie par exemple)

En Indre-et-Loire, les principales plantes envahissantes sont : les Jussies qui sont probablement les espèces les plus répandues et les plus connues. On retrouve également régulièrement les Renouées exotiques en bord de berge ou sur des terrains remaniés. Sur les grands cours d’eau, le Paspale à 2 épis ou les Aster sont très fréquemment rencontrés.

D’autres espèces commencent à envahir notre département comme la Myriophylle du Brésil, la Balsamine de l’Himalaya ou l’Egeria.

Pour ce qui est de la gestion, la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles (FDGDON) et la Fédération de pêche d’Indre-et-Loire pour la pêche et la protection du milieu aquatique ont mis en place dans notre département une collecte d’information sur la présence d’espèces exotiques envahissantes. Ainsi, les piégeurs et les techniciens de rivières sont les acteurs de terrains qui recueillent l’information. Ensuite la Fédération de Pêche alerte les collectivités sur la présence de ces espèces et leur propose différents types d’interventions.

Les 2 principaux modes de gestions des plantes envahissantes sont l’arrachage manuel pour les petites surfaces et l’arrachage mécanique pour des surfaces plus grandes. Dans le département seules la Myriophylle du Brésil ou les Jussies ont fait l’objet d’une telle intervention (sur les boires des grands cours d’eau notamment ou sur des petits cours d’eau comme le Ruisseau de Saulay par exemple). Les résultats des différentes interventions sont très variables mais dans tous les cas, la première opération n’est pas suffisante, il faut annuellement reprendre les arrachages qui s’avèrent souvent moins importants lors des années suivantes. Néanmoins, l’investissement financier est lourd et est à envisager sur plusieurs années.

Quelques remarques et conseils :

  • Il n’existe pas de solution miracle
  • les herbicides sont inefficaces et la plupart du temps, interdits sur les milieux sur lesquels les plantes envahissantes sont rencontrées
  • Il faut agir rapidement pour avoir une chance d’éradiquer l’espèce ou de la gérer à moindre coût
  • Il faut proscrire le fauchage des jussies par exemple qui participe à sa propagation (puisque c’est une plante qui se reproduit par bouturage)

Consulter les documents : Liste des plantes envahissantes / Plaquette jussie (également disponible à la FDAAPPMA37)  / plaquette FDGDON / guide des espèces invasives

La Jussie (Ludwigia grandiflora et Ludwigia peloides)

 

  

Attention à cette plante envahissante !!!


La Jussie, ou plutôt devrais-je dire les Jussies car il en existe en fait deux espèces très proches (voir noms scientifiques), sont de jolies plantes à grandes fleurs jaunes… C’est d’ailleurs ça la source du problème… Depuis quand est-ce un tort d’être une belle plante me direz-vous ? Et si je vous dis que cette plante de la famille des onagracées est un véritable fléau pour les zones humides. Vous me croyez ? Un instant, je m’explique…


Une plante très invasive…

La Jussie est une plante qui a été importée des Etats-Unis et d’Amérique du Sud par les aquariophiles pour décorer les aquariums et les bassins. Certes ce n’est pas la seule plante qui a été amenée de cette manière, mais le problème c’est que celle-ci a trouvé en France des conditions de développement qui lui sont idéales et aucun prédateur ou presque. Ajoutez à ça une capacité hallucinante à se multiplier végétativement (c’est un peu un système de boutures) et vous comprendrez mieux comment la Jussie s’est répandue avant que l’on puisse réagir…

 

Une plante capable de vivre à la fois dans et hors de l’eau…

La Jussie pousse au bord de l’eau et dans l’eau jusqu’à une profondeur d’environ 1 mètre, les feuilles aquatiques et aériennes sont différentes (les deuxième sont beaucoup plus allongées). A partir du moindre fragment de l’une de ces feuilles peut renaître un individu. La Jussie double sa masse toutes les deux à trois semaines… Autant vous dire qu’une fois installée, il est très difficile de remédier aux méfaits de la Jussie. Imaginez, ses racines peuvent descendre jusqu’à trois mètres de profondeur, donc même si les parties aériennes meurent, la plante peut repartir d’une année sur l’autre… L’arrachage mécanique ne ferait qu’empire le problème, quant aux traitements chimiques, ils ne se sont pas encore avérés satisfaisants… Peut-être faudrait-il importer un prédateur de la Jussie, mais jouer aux apprentis sorciers de la sorte peut nous apporter d’autres problèmes dont nous n’avons certainement pas besoin…

En quoi est-ce un problème ?

Même si de manière générale ce qui provient des Etats-Unis me donne des boutons, ce n’est pas ici la raison du problème. Le souci c’est que la Jussie peut asphyxier très rapidement un plan d’eau ou une rivière peu profonde : elle forme des herbiers si denses qu’elle empêche le développement des autres végétaux, de plus lorsque cette masse végétale meurt, sa décomposition entraîne une forte diminution du taux de dioxygène dissous dans l’eau, qui est indispensables à la vie aquatique.
Pour vous dire, sur les rives de la Loire, là où j’ai pris les photos, j’ai vu des herbiers si épais qu’on pouvait marcher dessus sans s’enfoncer dans l’eau et une frayère à brochet complètement envahie… Autant vous dire que malgré leurs belles couleurs vertes et jaunes, ces herbiers m’ont mis le moral bien bas. Ajoutez à cela la gène occasionnée pour les pêcheurs et les professionnels de la navigation et vous comprendrez les problèmes économiques créés par la « belle jaune »…

 

Comment lutter contre la Jussie ?

Il n’y a aucune solution miracle, la seule chose que je puisse vous conseiller c’est de ne surtout pas acheter de Jussie comme plantes ornementales. Si toutefois vous êtes témoins de la naissance d’un herbier de Jussie (les fleurs jaunes apparaissent au mois de juillet jusqu’à l’automne) près de chez vous, signalez le au plus vite à une association de protection de la nature locale… Si, comme vous, ces associations sont impuissantes devant cette invasion pour l’instant, beaucoup d’entre elles jouent un rôle de surveillance et d’étude qui permettront peut-être de remédier au problème un jour… 

Retour en images sur le programme d'arrachage 2015

 

 

 

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